Loi Industrie Verte : repenser l’épargne retraite plutôt que la subir
Article paru dans INSPIR’ACTION en Mai 2026
Quels sont selon vous les défis majeurs du moment et comment Opéra Retraite prévoit-elle de les anticiper pour ses clients ?
Nous, les acteurs de la place, sommes trop souvent guidés par la réglementation : la respecter, évidemment ! Mais elle nous a souvent poussés à modifier les plans d’épargne retraite, pour être certes en conformité, mais en oubliant parfois le design initial du plan et la communication auprès des salariés. Typiquement, les entreprises, sur l’impulsion et la recommandation de leurs partenaires (assureurs, sociétés de gestion, courtiers-conseils), ont transposé leur « article 83 » en PERO et leur PERCO en PERCOL (ou PERECO). Avec le recul, on constate que la coexistence de ces plans au sein de l’entreprise n’est pas toujours aussi efficace ni lisible.
Heureusement, tout n’est pas figé. Il est temps, à mon sens, de définir à nouveau les objectifs en matière d’épargne retraite et de réfléchir différemment, avec la possibilité de faire converger ces dispositifs vers des plans uniques (type PERU), dont les offres sur le marché sont devenues plus matures entre-temps. Pour un dirigeant d’ETI, l’enjeu est stratégique : redonner à ces outils un levier clair d’attractivité et de fidélisation des talents.
Quels sont les services que vous proposez à ce niveau ?
Nous accompagnons les entreprises pour définir ou redéfinir leurs plans d’épargne, en ayant toujours pour objectif, au-delà de l’optimisation fiscale et sociale, de valoriser l’apport de l’entreprise, de simplifier et de rendre ces mécanismes d’épargne lisibles et performants pour les salariés. Notre approche consiste à bien cerner les enjeux et les objectifs recherchés au travers d’une phase d’audit, puis à entrer dans une démarche de sélection, par appel d’offres, du meilleur partenaire capable de mettre en œuvre les solutions que nous aurons définies.
Une fois ces solutions mises en place, comment optimiser son épargne ?
Nous sommes courtier d’assurances et également conseils en investissements financiers, deux activités très réglementées qui nous permettent d’accompagner nos clients sur l’ensemble du suivi de leurs plans, en construisant l’allocation d’actifs et la sélection des fonds que l’entreprise mettra à disposition de ses salariés. La gestion financière des plans d’épargne connaît également une profonde mutation. Longtemps « drivé » par la gestion active, le marché de l’épargne retraite voit l’émergence d’une gestion passive, à travers notamment les fonds indiciels ou ETF. Avec la Loi Industrie Verte, la gestion pilotée intègre désormais une part minimale d’actifs non cotés et des critères ESG renforcés. L’entreprise et ses salariés ont plus que jamais besoin d’être guidés pour générer la meilleure performance tout en respectant ces orientations extra-financières.
De manière générale, les réformes successives et les mutations en cours rendent le contexte complexe, d’autant que chaque réforme, PACTE hier, LIV aujourd’hui, apporte son lot de modifications impactant soit l’organisation du plan, soit sa gouvernance financière. Reste à décider si l’on se contente d’appliquer les textes au minimum, au risque de laisser « mourir » des dispositifs devenus illisibles, ou si l’on saisit cette opportunité pour les repenser, les simplifier et les aligner sur des objectifs durables. Chez Opéra Retraite, nous faisons clairement le pari que la LIV doit être l’occasion de faire mieux vivre l’épargne retraite, pour les entreprises comme pour leurs collaborateurs.
Propos recueillis par Julien Moreau